Le jardin de l'inutile, Gilles Perain

autoportrait

Dans le mur de la réalité existent des failles. Par la patience, l'obstination et le rêve, nous pouvons nous y glisser. De prime d'abord, rien, de l'autre côté n'est vraiment différent. Mais peu à peu, des signes étranges, des détails insolites, de légers décalages nous font sentir l'invisible présence d'un "Ange du Bizarre", maître d'un territoire où l'intemporel se fixe, où l'indicible s'exprime, où chaque évènements se montre sans début ni fin, naissant et disparaissant dans le même instant. Ainsi nous pouvons ressentir la solitude au milieu de la foule, la vieillesse au coeur de la jeunesse, l'automne en plein été, le chaotique au centre d'un équilibre apparent, la poésie dans la trivialité...

Cette expérience ne peut se prolonger sans risque, alors nous repassons le mur (ou le miroir comme disent certains) ramenant avec nous une âme chargée d'un malaise muet, d'une mélancolie teintée d'une ineffable douleur.

Comme au sortir du rêve, dans les nimbes du sommeil, nous nous raccrochons aux fils ténus qui nous relient encore à cette expérience: Le paradoxe de la réalité subjective.

C'est cette émotion sourde que je cherche à peindre.